C'est sous un crachin digne de la rade de Brest que nous avons quitté le port de Machico mercredi matin, avec cependant un bel arc en ciel pour saluer notre départ.

La météo prise la veille nous annonçait trois jours de vents favorables, suivis par une longue période de calmes puis de dépresions amenant des vents contraires. Notre décision fut vite prise, il faut partir demain.

Une dernière randonnée dans la montagne, un tour au Pingo Doce pour l'avitaillement, en deux heures le bateau était prêt.

Nous quittions à regret une île ou nous avions passé de si bon moments et fait de belles rencontres, mais le temps maussade depuis quelques jours nous incitait à faire route vers le sud.

Nous avons longé les impressionnantes îles Desertas situées à vingt miles de Madère, éperons de laves plantés dans l'océan, réserve naturelle abritant une colonie de phoques moine.

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nous les avions doublées depuis peu quand le pilote automatique s'est mis à faire un bruit sinistre et à chauffer anormalement, faut il faire demi tour contre le vent?

Nous avons décidé de continuer malgré tout notre route en barrant pour soulager le pilote, espérant qu'il se remette à fonctionner normalement.

Et nous nous sommes relayés à la barre toutes les deux heures, essayant de dormir dès qu'on ne barrait plus, les yeux rivés sur le compas, cap au 140, l'aiguille oscillant, hypnotique, luttant contre le sommeil, 140, 140, 140....ne pouvant même pas contempler les étoiles, comptant les miles , les heures...cinquante au total jusqu'au moment ou j'ai aperçu des feux dans l'obscurité. pensant que 'était un cargo je m'apprêtais à évaluer sa trajectoire , puis une masse sombre s'est dessinée.

TERRE EN VUE !

L'île d'Allegranza, la bien nommée, se découait dans la nuit, j'ai bientôt vu son phare et réveillé Christian.

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La barre nous à paru soudain moins lourde, la fatigue s'est effacée, le jour se levait, il nous restait encore trente miles à parcourir le long de Graciosa et de Lanzarote avant d'entrer dans le port de Arecife ou les amis de Gorban nous ont accueilli et aidé à amarrer Tidom.

Que la bière fut bonne et la douche aussi !!!

Après une grosse sieste et une soirée tranquille dans le bateau qui ne bouge plus, nous sommes presque requinqués.

Il va falloir réparer ce P... de pilote qui a continué à faire un bruit d'enfer dès que nous avons tenté de de le faire fonctionner.

Ensuite nous partirons à la découverte des Canaries.